Obésité et hyperphagie, mon parcours et ma libération

Obésité, hyperphagie : mon parcours et ma libération

J’ai mis beaucoup de temps avant de décider enfin de vous parler de mon parcours de « Ronde ».
A l’origine même de ce blog, ce mot, en apparence mignon et inoffensif, a fini par complètement me définir et même m’écraser.
Alors que je commence enfin à me libérer de ce poids, j’ai estimé qu’il était temps pour moi de revenir sur ce bout de chemin qui a transformé une petite fille pleine de vie et de rêves en une jeune femme obèse et totalement bloquée, en espérant que mon témoignage soit utile à quelques un(es) de vous.


A l’origine, quelques kilos de trop 

Aussi longtemps que je m’en souvienne, ma relation avec mon corps a toujours été compliquée.
Les années où j’ai été une petite fille joyeuse et avide d’apprendre furent très vite rattrapées par les premières prises de conscience de ma « différence ».
Très tôt, j’ai compris que j’étais différente ou devrais-je dire qu’on m’a fait comprendre que je n’avais pas un corps « normal »
Mes soucis de surpoids ont commencé dès l’école primaire, suite à une prise conséquente de corticoïdes pour soigner un asthme qui s’installait doucement et durablement.
Les premières moqueries des enfants, les remarques des adultes de mon entourage ou encore les critiques piquantes et pas toujours bienveillantes de ma mère ont alors préparé le chemin à mes troubles du comportement alimentaire qui m’ont accompagné toute ma vie.
De nature très introvertie, je me suis forgée l’image, durant mes années d’adolescence, d’une fille complètement solitaire.
Avec le recul, je me rends compte que j’étais seulement en surpoids et qu’un accompagnement psychologique aurait été nettement plus efficace pour remédier à mon mal être.
Mais les visites fréquentes chez les nutritionnistes ont complètement changé la donne en transformant mon surpoids en obésité et en trouble du comportement alimentaire par la suite.
A vrai dire je n’ai jamais exprimé l’envie ou le besoin d’aller consulter un nutritionniste. C’est ma mère qui m’emmenait à chaque fois en espérant que je tienne le coup et que je maigrisse enfin.


Du surpoids à l’obésité 

Je n’ai jamais réussi à tenir plus de trois jours de régime !
Même quand j’étais vraiment motivée, que je me suis préparée mentalement, que j’ai fait les achats nécessaires, que je me suis jurée que cette fois-ci c’était la bonne.
Je n’ai jamais pu suivre de plan alimentaire, aussi souple soit-il.
Quoique les régimes qu’on me proposait étaient rarement souples.
Ils contenaient toujours des restrictions, souvent des choses que j’aimais. Elles étaient toujours écrites en rouge et précédées d’un énorme « Interdit » 
Et plus je tentais des régimes, plus je me détestais après et plus je grossissais.
Ma prise de poids s’est alors installée progressivement mais durablement jusqu’à ce que j’atteigne mon plus haut poids jamais atteint (116 kilos), suite à une dépression et la prise d’antidépresseurs.
Me voilà alors obèse et hyperphagique, plongeant mes déceptions, mes craintes et ma frustration dans la nourriture. 

L’obsession

S’en suivent alors des années de grande souffrance où ma principale préoccupation consistait à contrôler mes repas, à calculer les calories, à me tuer au vélo d’appartement juste après une collation imprévue et consistante, à manger des quantités inavouables de sucreries avant le dîner puisque partie comme j’étais, c’était déjà foutu pour cette journée, et à jurer de faire une journée parfaite le lendemain.
La nourriture était devenue pour moi une obsession et le quotidien une véritable souffrance.
Refuser les sorties, appréhender le regard des inconnus dans la rue, éviter les événements où les tenues chic étaient de rigueur, passer à côté des plus belles opportunités, je ne vivais plus ma vie je la fuyais. 

Le début du changement 

Je ne me souviens pas très précisément du déclencheur du changement. Je n’ai pas eu de déclic ou d’événement majeur entrainant une quelconque décision.
Tout ce que je sais c’est que le changement était très progressif et qu’il a commencé à se faire quand mes journées étaient devenues tellement remplies que je n’avais plus le temps de penser à la nourriture.
Je mangeais toujours beaucoup mais je ne passais plus mes journées à culpabiliser ou à prévoir le prochain repas.
Je ne calculais plus mes calories ni mes points ingérés.
A cette époque, j’avais aussi découvert que finalement j’aimais bien le sport.
Je faisais de la marche quasi quotidiennement et je m’occupais un peu plus de moi ( je t’en parle dans cet article).
Le changement s’est traduit par une perte très lente et en douceur de 2O kilos. La perte s’est faite sur plusieurs années
Je ne m’en suis pas rendue compte puisque je ne me pesais pas du tout.
Mais j’étais beaucoup plus à l’aise dans mes mouvements et surtout dans mes vêtements.

La libération 

J’ai complètement arrêté les régimes depuis quelques années et j’ai recommencé à manger de tout.
J’ai retrouvé le plaisir de manger de tout sans comptage de calories ni obsession pour un quelconque aliment interdit
Je n’ai pas du tout maigri et mes crises d’hyperphagie n’ont pas disparu mais j’ai repris possession de mes goûts et de mes sensations de plaisir gustatif.
Je suis intimement convaincue que les régimes font grossir et qu’ils peuvent même provoquer des troubles du comportement alimentaire. 
Mon objectif, pendant ces dernières années, a toujours été de me réconcilier avec mon corps et de me libérer de mon obsession pour la nourriture.
Arrêter les régimes et continuer à faire du sport m’ont énormément aidé à accepter mon corps.
Lors de mes recherches sur internet, j’ai découvert, il y a un an, le concept de l’alimentation intuitive (grâce à Elyane C, une coach en nutrition qui en parle merveilleusement bien, je vous invite à la découvrir ici)
Cette découverte a été une véritable libération pour moi.
Etre convaincue que mon corps a l’intelligence nécessaire de se réguler par lui-même, être à son écoute et le respecter a réellement déclenché une nouvelle attitude dans ma relation à la nourriture.
C’est un chemin long et difficile mais que je compte bien emprunter pour guérir de ma relation conflictuelle avec la nourriture.
Mon chemin vers l’acceptation de mon corps a encore pris un nouveau virage il y a deux mois quand j’ai commencé à tester le jeûne intermittent (je vous en parlerai très bientôt).

Ce corps que je commence à aimer 

Tout comme chacun(e) de vous qui me lisez, ma relation conflictuelle à la nourriture m’a emprisonné et m’a empêché de saisir de précieuses opportunités dans ma vie.
Après trente ans de combat contre mes kilos, contre mon corps, contre moi-même, j’ai la certitude que ceci peut changer.
Pour la première fois depuis très longtemps, je me sens bien et en harmonie avec mon corps, même s’il est considéré par la société comme gros.
Je prends de plus en plus conscience de la chance que j’ai d’avoir un corps en pleine santé et je commence enfin à l’aimer.

J’espère que mon témoignage vous aura été utile, racontez moi vos parcours et vos cheminements vers la libération. Je serai ravie de vous lire ..